Le compte d'un restaurant s'essouffle souvent de la même façon : des photos de plats, puis de moins en moins de monde qui réagit. Le problème n'est pas l'assiette. C'est tout ce qui ne se voit jamais autour : le service, l'équipe, la salle qui se remplit.
Un domaine suit les saisons, une cave suit ses arrivages. Un restaurant, lui, vit sa journée deux fois : le service du midi, puis celui du soir, avec une coupure entre les deux. C'est ce rythme qui doit dicter ce qu'on publie et quand, pas l'inverse.
Le matin, c'est la mise en place et le marché, rarement montré, souvent le plus intéressant pour qui ne travaille pas en cuisine. L'après-midi, entre les deux services, c'est le seul moment où une équipe a vraiment le temps de filmer, de répondre à un avis ou de préparer une publication. Le soir, c'est le coup de feu, le moins préparé, le plus vrai.
La mise en place du matin, avant l'ouverture. Le plat du jour annoncé sur une ardoise, avant le service. Le coup de feu filmé depuis le passe, sans mise en scène. Un geste de salle précis : déboucher, dresser, porter un plateau à bout de bras. Le portrait d'un membre de l'équipe, avec ce qu'il fait exactement et depuis quand. Un accord mets-vin expliqué en une phrase, pas en fiche technique. Le changement de carte, annoncé avant qu'il arrive, pas après. Une salle pleine un soir de semaine, preuve qu'on a bien fait de réserver. La question qu'on vous pose tous les jours en salle, avec la réponse que vous donnez. Un couac assumé (une panne de four, un plat qui repart en cuisine) raconté avec humour. Et l'avis d'un client, avec la réponse que vous lui avez faite.
Une silhouette suffit, si elle dit quelque chose : ici, en sortie de service, dans la rue, le tee-shirt de la maison sur le dos.
Celle-ci vient de chez Vache Burger, à Nancy. Ce n'est pas une mise en scène : c'est un employé qui rentre chez lui, photographié parce que l'image existait déjà d'un tournage pour autre chose.
Instagram récompense une grille qui se tient : des photos posées, une identité visuelle reconnaissable. TikTok récompense plutôt l'inverse : une vidéo filmée au téléphone, sans montage soigné, qui fonctionne souvent mieux qu'une version trop léchée.
Le coup de feu en cuisine, un dressage filmé en une prise, une question de client qu'on prend le temps de reprendre face caméra : ce sont des sujets qui existent déjà dans la liste au-dessus, et qui se comportent différemment selon où ils sont postés. Rien n'empêche de publier la même séquence sur les deux, seul le montage change.
Et comme pour Instagram, qui tape « que publier sur TikTok quand on est restaurateur » n'a pas forcément l'intention d'appeler une agence : c'est souvent une question de gestion au quotidien, et la réponse reste la même que ce soit vous ou nous qui teniez le compte.
Trois publications par semaine tiennent dans un planning de restaurant, à condition qu'elles ne demandent pas de préparation en plus du service. Le lundi et le mardi, souvent plus calmes dans la restauration, sont de bons jours pour filmer et préparer ce qui sera publié le reste de la semaine.
Pas de date ni d'heure universelles ici : le bon moment dépend de qui vous regarde : des habitués qui décident le soir même, ou des gens qui organisent déjà leur week-end dès le jeudi.
Pour une table, la fiche d'établissement pèse au moins autant que le compte Instagram, souvent plus, parce qu'elle s'affiche au moment précis où quelqu'un cherche où manger ce soir. On détaille ce point et les autres dans notre article sur la visibilité en ligne d'un restaurant.
Publiez le rythme de votre service, pas seulement vos plats. Trois publications par semaine suffisent si elles montrent autre chose que l'assiette. Et la même séquence peut nourrir Instagram et TikTok : seul le montage change.
Non. Un compte qui ne montre que l'assiette finit par ressembler à un menu : il manque ce qui distingue une maison d'une autre, c'est-à-dire l'équipe, la salle et la façon de travailler.
Instagram récompense une grille cohérente, pensée à l'avance. TikTok récompense plutôt l'inverse : une vidéo filmée au téléphone, peu montée, souvent plus proche de ce qui se passe vraiment en cuisine ou en salle.
Trois publications par semaine tiennent dans un planning de restaurant, à condition qu'elles ne demandent pas de préparation en plus du service. Le lundi et le mardi, plus calmes, sont de bons jours pour filmer.
Pas forcément. Beaucoup de restaurateurs tiennent eux-mêmes leur compte, et les idées de cet article fonctionnent aussi bien seul qu'accompagné. Se faire aider devient utile quand le temps manque, pas avant.
Maxence Grao est associé chez Mediassemblage. Caviste pendant deux ans à Nancy, aujourd'hui agent pour un vigneron, il anime aussi des dégustations en bars et restaurants avec La Déguste Divin. Ici, il suit les clients, écrit les scripts et passe devant la caméra.
Cet article part de ce qu'on voit chez nos clients, pas d'une synthèse d'autres articles. Maxence sur LinkedIn.
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